Un écrivain au CDI 2008 - Niveau collège

Concours d'écriture Jean-Philippe Arrou-Vignod


Premier prix :   Floriane Hoareau - Collège de la Chaloupe St Leu

Le trésor de La Buse

Mes deux amis et moi, nous rassemblons nos affaires et décidons de nous rendre à Saint- Paul au cimetière marin en prenant le bus. Nous mettons toutes nos économies pour payer notre place. Mathilde et moi nous nous demandons si nous avons bien fait de suivre une nouvelle fois l’extravagant Pierre-Paul, mais nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la carte : un cimetière, un tombeau, un crâne, un arbre et un coffre ! Nous sommes tout de même émerveillés par la perspective qui s’offre à nous. Du bus, nous repérons le cimetière borné de murs blancs. Ce cimetière est connu pour le tombe de son célèbre pirate, La Buse.

Lorsque le bus s’arrête près du cimetière, il est déjà seize heures. Nous y pénétrons et cherchons alors la fameuse tombe. Facile de la reconnaître parmi toutes les autres : des bougies, des armes et des « piles plates » cernent sa dernière demeure ! Alors que PP. se réjouit de voir la tombe, Mathilde et moi frissonnons de peur. Notre attention est attirée par l’inscription rouge sur la croix « Décédé le 07.12.1730 ». Bien que myope, je m’écrie : «Regardez, il y a des flèches sous les nombres ». Et nous nous mettons à déchiffrer cette première énigme. Après plusieurs propositions et controverses, nous finissons par adopter celle de Mathilde : il fallait marcher sept grands pas à droite et donc sortir du cimetière, faire douze mètres en allant vers le nord et creuser à dix-sept mètres de profondeur, instructions que nous suivons scrupuleusement. Arrivés au lieu indiqué, il nous faut retourner au cimetière pour demander au gardien de nous prêter une pelle et une corde. Celui-ci hésite, étant donné l’heure déjà tardive et surtout parce qu’il a affaire à des enfants. Mais P.P. et son beau discours parviennent à le convaincre. Enfin équipés, nous retournons sur le lieu de la fouille. Après des heures d’efforts, nous finissons par découvrir un nouvel indice au fond du trou : la maquette d’une église. Ne sachant pas ce que c’est, nous la montrons au gardien qui nous dit que c’est la reproduction de la chapelle pointue qui se trouve sur l’ancienne propriété de Mme Des Bassins, à Villèle. Les questions se bousculent dans nos jeunes têtes : mais qui est cette dame ? Est-elle toujours vivante ? Comment se rendre sur sa propriété ? Le gardien nous dit qu’il faut aller à Saint-Gilles-le-Hauts.

Nous commençons à marcher. Fatigué, PP. propose de faire de l’auto-stop. Mathilde aussi est essoufflée et accepte sa proposition. Une vieille camionnette noire et rouillée nous emmène à Villèle. En chemin, après avoir dit au chauffeur que nous voulons nous rendre à la Chapelle Pointue, celui-ci nous parle de Mme Des Bassins : il paraît que son fantôme viendrait tous les soirs dans la chapelle ! Mathilde et moi nous nous regardons avec des yeux qui sortent de nos orbites et l’envie de résoudre cette énigme disparaît subitement. Mais PP, toujours excité, réussit à nous convaincre. Le chauffeur nous dépose devant la chapelle et nous souhaite une bonne visite. Lorsque nous commençons à marcher, il est déjà minuit moins cinq, mais nous n’avons pas de montre…

La porte de la chapelle est entrouverte, une petite veilleuse éclaire l’autel. Bien que nos cœurs battent la chamade, nous nous avançons lentement. Tout à coup, la porte se referme en claquant derrière nous. Nous poussons des cris de frayeur, nous croyons voir une ombre et courons nous réfugier dans le confessionnal. Sous notre poids, la cloison du confessionnal pivote et nous dégringolons dans un long escalier qui nous emmène droit sur la crypte de Mme Des Bassins ! Après avoir déboulé les escaliers, PP s’effondre sur un sarcophage ouvert. Des chauves souris se mettent à voler dans tous les sens et nous crions de plus belle ! PP se retrouve alors nez à nez avec le squelette de Mme Des bassins... Sous le poids de Pierre-Paul, le squelette s’effrite et laisse apparaître une amulette jaune en forme de crâne. Reprenant nos esprits, nous nous rendons compte que cette amulette est représentée sur la carte. Nous sommes à nouveau enthousiasmés ! Mathilde remarque les dessins du sarcophage : un cercle ayant pour centre un vieil arbre et une salle contenant un trésor. Comme il se fait tard et que la fatigue se fait sentir, nous décidons de remonter au niveau de la chapelle afin de nous reposer sur les bancs de l’église. Au lever du jour, sous un temps pluvieux, nous sortons de la chapelle et nous nous mettons à la recherche de l’arbre. Soudain, un vent violent se met à souffler et nous pousse contre notre volonté dans un énorme trou. Ce trou est en fait celui laissé par le vieil arbre déraciné qui menaçait depuis longtemps de tomber. La rafale de vent n’a fait que provoquer sa chute plus tôt que prévu. Le trou cache une porte qui n’a pas de poignée. Apercevant une tête de mort sculptée en profondeur dans la porte, j’introduis l’amulette... et la porte s’ouvre d’elle-même ! Nous pénétrons dans une salle qui semble plus être une bibliothèque au milieu de laquelle se trouve un coffre. Nous nous précipitons en criant : « On a trouvé le fameux trésor ! » et ouvrons le coffre. Hélas, il ne contient qu’un bout de papier sur lequel il est écrit « Ma vieillesse renferme mes secrets ». Il s’agit d’une nouvelle énigme à résoudre ! Nous nous demandons ce que cela veut dire. Mathilde de nouveau trouve la solution : la vieillesse veut dire le plus vieux livre dans lequel il y a des secrets, donc le trésor. Nous cherchons alors le plus vieux livre. C’est Pierre-Paul qui le voit le premier et l’enlève de l’étagère. C’est alors que le sol se met à trembler et se sépare en deux ; nous faisons une chute de cinq mètres avant d’atterrir sur des pièces d’or : nous avons trouvé le trésor de La Buse ! 

Comme nous nous apercevons qu’il se fait tard, nous nous empressons de mettre dans nos poches quelques pièces d’or et sortons de la bibliothèque à l’aide d’une corde qui pend à la paroi de la salle du trésor. Sur la route, nous rencontrons une gentille femme qui nous ramène chez nous. Nos correspondants étaient inquiets, et sont tout heureux de nous revoir, mais en colère aussi parce que nous sommes partis sans demander l’autorisation. Nous leur racontons nos aventures et concluons : «On a trouvé le trésor de La Buse ! ». Je leur dis : « Pour vous prouver que nous disons la vérité, on a ramené des pièces d’or », et nous les sortons de nos poches.

Mais poussés par la curiosité, les correspondants décident de se rendre immédiatement sur le lieu de la découverte. Quand nous arrivons, à notre grande surprise, tout est normal : pas d’arbre déraciné, ni de trou et encore moins de bibliothèque avec un sous sol rempli de pièces d’or ! Nous restons bouche bée : il faut maintenant fournir des explications sur la provenance de ces pièces d’or ! « Vous êtes des menteurs ! Où avez-vous trouvé ces pièces ? ». Ne sachant pas quoi répondre, nous mimons la fatigue. Nous rentrons chez nous et la punition est remise pour le lendemain matin.

Dans notre sommeil agité, nous entendons nos prénoms. Nous nous réveillons et voyons nos correspondants devant nous, mais nous sommes sur la plage et il fait nuit ! Nous nous regardons et je me rends compte que tout cela n’était qu’un rêve ! Le trésor de La Buse n’a toujours pas été découvert !

Texte de Floriane Hoareau