Un écrivain au CDI 2008 - Niveau collège

Concours d'écriture Jean-Philippe Arrou-Vignod


Deuxième prix : Aurélie Boyer - Collège Beauséjour Ste Marie

Alors, Mathilde et moi nous acceptons de chercher le trésor avec Pierre-Paul. Il est quatre heures : nous rentrons avec Adrien, Julie et François, nos correspondants réunionnais. Le mien est François. Le goûter est prévu chez lui. J’oublie le trésor pour un autre : une tarte aux fruits de la passion. Un délice… Et puis sa jolie maman qui me conduit au jardin. Deuxième délice…Elle me montre les fruits, posés là au sol comme des œufs, dans leur coque luisante. Elle en ouvre un : le jaune, ça sent bon ! Troisième délice.

Pendant ce temps, Mathilde demande à nos correspondants de nous aider à trouver le trésor au cimetière marin de Saint-Paul.

-Quoi !!! une carte au trésor ! s’écrie Adrien tout étonné car il n’en a jamais vue, en train de s’étouffer avec un morceau de gâteau.

-Oui une carte au trésor, alors vous acceptez ? reprend Mathilde pendant que je goûte au gâteau-coco-quatrième délice.

Je fais vite des photos avec mon portable : je ne peux pas dire comme c’est beau toutes ces couleurs. Faut voir les petits bonhommes et bonnes femmes rigolos de la nappe malgache brodée, le vert du jus de kiwis sous la terrasse, la « varangue » ici. Je fais des gros plans : les mains de la maman, les tâches de chocolat sur le maillot de la première de la classe, ça va l’énerver…Maintenant, arrière-plan pour faire plaisir au prof de français qui nous fait l’analyse de l’image…Super le jardin, le soleil, les hibiscus, les marguerites et le manguier…

Retour au sérieux : les uns après les autres nous exprimons notre accord. Ensuite, nous faisons la promesse de garder le secret entre nous. Il est l’heure pour Mathilde et Pierre-Paul de rentrer avec leurs correspondants Julie et Adrien. Nous nous donnons rendez-vous au cimetière marin de Saint-Paul à dix heures le lendemain.

 

Je suis allé au cimetière marin de Saint-Paul en vélo avec François. Quand nous sommes arrivés, Mathilde, Pierre-Paul et leurs correspondants étaient déjà là. Nous sommes entrés, il n’y avait personne. J’ai déroulé la carte ; il était écrit : Si vous voulé trouvé mon trésor vous devé allé sur la tombe de Mathieu ROBERT 1641-1670 pour trouvé un indisse.

Même moi, j’ai vu que c’était plein de fautes !

Pas facile de trouver la tombe. Finalement, elle était comme toutes les autres, à part qu’elle avait une petite plaque en cuivre ; il était écrit dessus mais on ne pouvait pas lire. Pour mieux voir, Mathilde a décroché la plaque : une clé est tombée. Elle était enroulée dans un message : à garder, très utile .Et sur la plaque: A5

Moi, j’avais envie de laisser tomber. Trop compliqué. En plus, ce n’était peut-être même pas vrai ce trésor ! Et puis cette chaleur ! Déjà que j’avais un coup de soleil au milieu de mes cuisses « de grenouille » avait dit François, à la limite du short. Bonjour le style sur la plage ! Quelle envie d’aller à l’eau ! Moi, j’avais deux trésors déjà : les fruits de la passion de Madame Boyer et le lagon de Saint-Paul. Et puis les grands yeux marron de Julie sur sa peau brune… C’était trop de trésors d’un coup !

Elle a ouvert la bouche pour crier : « Allée 5 !! » …En plus, elle est douée…

Nous y sommes allés en courant, il n’y avait qu’une seule tombe isolée et une plantation d’arbres. Nous nous sommes approchés de la tombe; il était écrit Colère 1719-1738 avec une petite tête de mort à côte du nom.

- C’est la tombe de pirate, j’en suis sûr ! s’écria Adrien tout content de l’avoir trouvée.

On a regardé tout autour de la tombe : en écartant des herbes, on a vu un dessin de la Réunion et une croix rouge marquée sur la plantation de la forêt au fond du cimetière marin de Saint-Paul. On a pris ce dessin comme un indice pour trouver le trésor.

- Comment on va trouver le magot dans cette forêt, ça va prendre des jours, dit P. P. Cul- Vert, assis sur la tombe, en train d’éponger son front sous la casquette.

- J’ai une idée, dit François très calme. Il faut revenir avec le détecteur de métaux de mon père. Cette nuit, avec sa bagnole…

Nous nous sommes tous regardés, l’air grave. Le détecteur, c’était une bonne idée mais la voiture, ça craignait. De toute façon, il était midi, il fallait partir.

Mathilde et Julie ont décidé de rester à la maison. Seuls les garçons devaient faire la fugue.

- Il ne faut pas que mon père range la voiture au garage comme il fait parfois quand il ne veut pas réveiller maman à l’aube, dit François. Je vois que tu es inquiet Rémi. Sois tranquille, mon père me fait souvent conduire. Allons faire la sieste pour être en forme cette nuit.

J’y serai bien resté deux jours à la sieste au bord de la piscine des Grondin…A la nuit tombée, la voiture était dans la rue. En nous assurant que les parents dormaient comme des cailloux, nous avons pris le détecteur, des pioches, et une lampe de poche, une qu’on met sur le front comme les spéléologues. Adrien et P.P. nous ont rejoints.

J’avais peur au début mais j’ai vite vu que mon correspondant avait l’habitude et nous fûmes très vite au cimetière qui n’était pas fermé. La chance nous souriait encore ! On riait beaucoup ce qui nous a fait oublier que nous étions dans un lieu réputé sinistre. Adrien a dû réclamer le silence plusieurs fois.

François l’a mis en marche et a commencé à chercher le trésor au milieu des arbres. C’est là que le détecteur s’est mis à sonner mais c’était une fausse alerte et il s’est vite éteint. Nous étions fatigués. François a déposé le détecteur par terre. Il était découragé.

Soudain le détecteur s’est mis à sonner longuement. Nous étions juste au-dessus du trésor ! Nous avons creusé et il est apparu : c’était un gros coffre en métal. Quel bazar ce fut pour le sortir du trou ! On ne voyait pas bien avec une seule lampe frontale…

Julie avait confié la clef à Adrien. Nous espérions tous qu’elle serait la bonne. Le suspense était énorme. Nous avons enfin ouvert le coffre et là nous avons laissé nos correspondants nous montrer le butin : des diamants, des bagues, des colliers et des grosses pièces en or. Nous avons décidé de ne le partager que le lendemain, en présence des filles.

Mais la chance nous a abandonnés. La famille Grondin et les gendarmes nous attendaient à la maison : des voisins nous avaient vus partir…J’ai oublié de vous dire que c’était une nuit de pleine lune !

FIN

Texte d'Aurélie Boyer